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novembre 9, 2016

Bien plus que vainqueurs

 [More Than Conquerors]

Par David Brandt Berg

Certains se servent de l’exemple du roi David pour  justifier leurs échecs. D’autres trouvent un encouragement dans ses fautes et ses erreurs, et se disent : « S’il a pu y arriver, il n’y a pas de raison que je n’y arrive pas. Si Dieu a pu l’aimer et le sauver, Il peut sûrement me sauver ! » Donc, on peut se servir du roi David comme d’un bon ou d’un mauvais exemple.

Il faut un peu de tout, et il faut toutes sortes de gens, toutes sortes de fois, toutes sortes de points forts et de faiblesses. Il faut de tout pour faire un monde. Il y a même quelqu’un qui a dit un jour au Seigneur : « Je crois, mais aide-moi, car je manque de foi! »[1]

Le roi David était un des pires pécheurs de la Bible et il a fait des choses vraiment horribles. Il a plusieurs fois pris la femme d’un autre homme, il a fait assassiner le mari de l’une d’elles, il a triché, il a menti. Mais voyez quelle merveilleuse transformation s’est produite en lui – et c’est arrivé par l’humiliation de son orgueil spirituel.

Ses péchés et ses faiblesses ont été révélés au grand jour alors même qu’il siégeait dans toute sa gloire et sa majesté sur le trône. Le prophète est venu l’accuser en disant : « Cet homme-là, c'est toi ! »[2] « C’est toi le méchant, c’est toi le pécheur ! » Et alors, les jugements de Dieu ont commencé à tomber et il a perdu son petit garçon, le premier né de Bath-Chéba; plus tard, il a perdu son fils préféré, Absalon; il a perdu son royaume, il a été renversé et a dû s’enfuir dans l’ignominie, pour sauver sa peau, en franchissant furtivement le fleuve de nuit. Il a tout perdu, tout sauf Bath-Chéba; elle lui est restée fidèle. Il a été dépouillé de tout, à part quelques rares amis qui lui sont restés fidèles et une petite armée. Ses ennemis l’ont maudit, ils se sont réjouis de sa défaite et l’ont agoni d’injures. Il a même perdu une partie de sa famille, ses autres parents, ses autres fils et ses autres filles, et pour couronner le tout, Absalon a usurpé le trône.

Il n’y a pas eu de pire défaite que celle du Roi David. Il avait couvert ses crimes et prétendu qu’il était juste, et il se permettait de juger les problèmes des autres ; et voilà que le prophète vient lui dire : « Comment peux-tu t’asseoir sur le trône et juger les problèmes des gens alors que tu as commis des crimes bien pires ? Tu es le pire pécheur de tous, et tu n’as même pas essayé de rectifier les choses ! »

David a connu beaucoup d’épreuves dans sa vie. Plus d’une fois, il a dû fuir pour échapper à Saül et sauver sa peau. On peut voir dans les Psaumes qu’il a connu des moments de profond découragement, où il se demandait si le Seigneur ne l’avait pas abandonné. Et puis, il a imploré le Seigneur et le Seigneur est venu à la rescousse et l’a sauvé.

C’est encourageant pour les gens de voir que même leurs dirigeants ne sont pas parfaits, qu’ils sont humains. Regardez Moïse. Regardez le roi David. Regardez Joseph. Leur liste est longue dans la Bible et dans l’histoire de l’église. C’était tous des hommes de foi, mais ils avaient tous des pieds d’argile, ils faisaient des erreurs, et le Seigneur a dû montrer qu’ils étaient faits de chair et de sang, qu’ils faisaient des erreurs comme tout le monde, et que tout ce qu’ils faisaient de  bien venait du Seigneur.

Ca ne pouvait être que le Seigneur, puisqu’ils sont devenus de brillants exemples – non pas de leur propre grandeur, mais de leur dépendance absolue du Seigneur. Ils ont glorifié Dieu en reconnaissant que c’était seulement le Seigneur qui les avait aidés à s’en sortir. C’était le Seigneur qui les avait sauvés et leur avait donné la victoire finale ; eux-mêmes n’y étaient pour rien.

C’est exactement comme pour le salut, « cela ne vient pas de nous ; c’est le don de Dieu. »[3] Nous sommes sauvés par la grâce, au moyen de la foi. Cela ne vient pas de nous, et donc, personne n'a de raison de se vanter ; c’est un don de Dieu. Nous devons continuer à nous rappeler et à rappeler aux autres que tout vient du Seigneur et que, sans Lui, nous ne sommes rien.

Le fin mot de l’histoire, c’est que tout le monde est mauvais. Tout le monde mérite d’être corrigé et puni. Nous avons tous péché et nous sommes tous privés de la glorieuse présence de Dieu. Il n'y a pas de juste, pas même un seul.[4] Vous ne pouvez pas y arriver tout seul. Vous devez vous en remettre au Seigneur pour tout : pour votre vie, votre esprit, votre cœur ; et vous devez Le laisser s’en charger. Lorsque les gens en arrivent au point où ils lâchent prise et remettent tout entre les mains de Dieu, alors Il est en mesure d’intervenir et de s’en charger, parce qu’Il veut le faire, Il veut vous montrer que vous ne pourrez pas y arriver, et Il veut que le mérite et la gloire Lui reviennent.

Si vous pouviez vous attribuer le mérite d’être sauvé, ne serait-ce qu’un petit peu, cela voudrait dire que ce n’est pas Dieu qui a tout fait, que Jésus n’a pas payé la totalité du prix. Il ne vous a pas vraiment sauvé ; il vous a sauvé en grande partie, mais une petite part de mérite vous revient, et vous pouvez vous en féliciter. « Le Seigneur et moi, nous m’avons sauvé! » Mais c’est impossible! Vous ne pouvez pas vous sauver vous-même –— aussi bons et parfaits que vous puissiez être. Dieu seul peut le faire.

Il m’est arrivé des choses que je ne pouvais pas comprendre, mais ces expériences m’ont rendu humble et ont permis la réalisation du plan de Dieu. Quand vous êtes prêt à accepter la volonté de Dieu, quelle qu’elle soit, que vous pensiez que c’est une bonne ou une mauvaise chose, il arrive que le Seigneur vous laisse traverser quelques épreuves.

Comme mon cher ami, le docteur Mitchell, avait l’habitude de dire: « Dieu fait certaines choses pour nous humilier, et parfois Il les réitère ou bien Il fait autre chose pour s’assurer que nous sommes toujours humbles ! » C’est une espèce de compliment insupportable de la part de Dieu. Ce qui est certain, c’est que Dieu sait ce qu’Il fait, et que même si vous ne comprenez pas et ne savez pas ce qu’Il fait, Lui, Il le sait. Alors vous n’avez qu’à tout envelopper dans un petit baluchon de foi et le mettre de côté jusqu’à ce qu’Il vous révèle ses raisons. Nous ne savons pas toujours pour quelle raison Il fait ce qu’Il fait. Il se peut que nous devions attendre des années avant de le savoir. Il se peut même que nous devions attendre d’arriver au ciel pour comprendre pourquoi Il a fait certaines choses et pourquoi Il a permis que certaines choses arrivent. Nous devons simplement Lui faire confiance.

Il y a beaucoup de choses que nous ne comprenons pas pour l’instant. Une des grandes questions éternelles que les hommes se sont de tout temps posé est la suivante: « Pourquoi Dieu permet-Il le péché et la souffrance ? » Nous ne connaîtrons sans doute toutes les réponses à cette question qu’une fois arrivés au ciel.

Nous voyons certaines des réponses et nous comprenons certaines des raisons, mais je m’avance à dire que, la plupart du temps, nous ne comprendrons pas avant d’arriver au ciel et de voir le tableau d’ensemble. Nous n’avons pas les réponses ici-bas. Il nous arrive de penser que nous comprenons, ou bien nous essayons parfois d’expliquer aux autres des choses que nous ne comprenons pas très bien nous-mêmes. Nous avons des questions, et nous pensons que nous devrions en connaître les réponses, mais parfois, la meilleure chose à faire, c’est de dire : « Je ne sais pas pourquoi c’est arrivé. Tout ce que je sais, c’est que Dieu existe, qu’Il nous aime et qu’Il sait ce qu’Il fait. Si nous ne comprenons pas maintenant, nous comprendrons plus tard. »

Tout ce que je sais, c’est que, de toute façon, nous devons faire confiance à Dieu. Nous devons Lui faire confiance même si nous ne comprenons pas. Un jour, nous comprendrons. Un jour, nous saurons, même si aujourd’hui nous ne savons pas. C’est peut-être pour cette raison que Dieu laisse arriver des choses que nous ne comprenons pas, pour mettre notre foi à l’épreuve et voir si nous continuerons quand même à Lui faire confiance !

C’est ça, la règle du jeu : la foi et la confiance, Lui faire confiance quoiqu’il arrive. « Même s’Il me tuait, je continuerais à espérer en Lui. » Même si je traverse une période difficile et que je ne comprends pas pourquoi, je vais continuer à Lui faire confiance. Même s’Il a laissé ceci ou cela arriver, je vais continuer à Lui faire confiance. Même s’Il a permis que je sois affligé ou que mes enfants, mon épouse ou mes bien-aimés soient affligés, je vais continuer à Lui faire confiance.

Il aime voir si votre foi est solide et si vous Lui ferez confiance quoi qu’il arrive – même si votre exemple n’était pas des plus brillants ou votre victoire des plus glorieuses. Vous Lui avez fait confiance dans la défaite apparente, et c’est une grande victoire en soi que d’être un bon perdant – c’est bien mieux que d’être vainqueur !  

C’est la plus grande de toutes les victoires, quand vous semblez être vaincu mais que vous continuez malgré tout à faire confiance au Seigneur. C’est sans doute ce qui fait le plus plaisir à Dieu : que vous continuez à Lui faire confiance, comme Job, même quand vous paraissez avoir perdu, et que vous êtes vaincu. C’est le genre de foi qui doit vraiment faire plaisir à Dieu – la foi qui n’a pas peur d’affronter le désastre, l’agonie, la perte et la défaite, la foi qui se dresse face à la mort !

Cela demande beaucoup plus de foi d’être un bon perdant, bien plus que vainqueur. « Ils sont tous morts dans la foi », en faisant confiance au Seigneur ![5] Que Dieu vous bénisse et puissiez-vous garder votre confiance même dans la mort! Ne vous inquiétez pas, vous le ferez. Vous mourrez comme vous avez vécu, en faisant toujours confiance à Dieu.

Première publication: décembre 1983. Adapté et réédité le 29 août 2016. Traduit de l’anglais par Bruno et Françoise Corticelli



[1] Marc 9:24.

[2] 2 Samuel 12.

[3] Ephésiens 2:8–9.

[4] Romains 3:10, 23; Tite 3:5.

[5] Hébreux 11:13.