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juin 25, 2020

Les Femmes de Foi dans l’Évangile

 [Women of Faith in the Gospels]

 Peter Amsterdam

Les femmes ont joué un rôle important dans le ministère de Jésus. Dans de nombreux enseignements de Jésus, comme les paraboles, des personnages féminins étaient présentés comme des exemples positifs de personnes qui ont répondu à Dieu avec foi. Dans la parabole du juge inique, il prend comme exemple de prière et de foi, la persévérance d’une veuve qui ne semblait pourtant pas recevoir de réponse. Il disait à ses disciples que s’ils persévéraient dans leurs suppliques à Dieu, dans l’attente de son retour, Dieu leur ferait justice car Il entendait leurs prières. Jésus a illustré son propos en prenant l’exemple d’une femme qui était persévérante.

 

La parabole de la pièce perdue en Luc 15, dans laquelle une femme a perdu une de ses dix pièces de monnaie dans sa maison et la cherche diligemment jusqu’à ce qu’elle la retrouve, est la parabole « jumelle » de celle de la brebis perdue, dans laquelle le berger laisse les quatre-vingt-dix-neuf brebis pour aller à la recherche de celle qui s’est égarée.[1] Dans ces deux paraboles, les actions de la femme et de l’homme symbolisent les actions de Dieu qui va à la recherche des âmes perdues. Jésus a considéré que l’activité de ces deux personnes dans chacune de ces histoires était dans les deux cas, une bonne illustration de la façon dont Dieu trouve les perdus, et en prenant une femme comme exemple, il a transmis son message de manière que les femmes puissent facilement s’identifier à l’histoire.

 

En Matthieu 13, nous trouvons des analogies qui montrent que les rôles des hommes et des femmes sont interchangeables pour illustrer des exemples du royaume de Dieu. Dans la parabole de la graine de moutarde, un homme a semé des graines de moutarde qui, bien qu’elles soient très petites, produisent une plante qui devient très grande.[2] La parabole jumelle du levain, qui la suit immédiatement, nous montre une femme mettant un peu de levain dans trois mesures de farine pour la faire gonfler.[3] Ici encore, Jésus identifie les activités de l’homme et de la femme à la propagation de l’Évangile et leur attribue la même valeur.

 

Dans la parabole des vierges sages et des vierges folles, également appelée parabole des dix demoiselles d’honneur[4], Jésus fait l’éloge de certaines jeunes filles (les sages) et en blâme d’autres (les folles). Cette parabole est directement suivie de la parabole des talents, dans laquelle des hommes sont récompensés et d’autres blâmés. Dans l’histoire des talents, le jugement dépend du travail accompli par chaque homme ; dans l’histoire des vierges sages et des vierges folles, il dépend de ce qui est fait et ce qui n’est pas fait pendant la période d’attente. Toutes les jeunes filles dorment en attendant le marié, mais au cri de « Voici l’époux ! Allez à sa rencontre ! »[5], les cinq jeunes filles sages qui avaient emporté leur réserve d’huile entrèrent dans la salle de noces ; tandis que les jeunes filles qui ne s’étaient pas préparées partirent acheter de l’huile et ne furent pas admises dans la salle de noces. Jésus a traité le thème du jugement en prenant aussi bien des exemples d’hommes que des exemples de femmes.

 

Un jour qu’il était assis dans le temple à Jérusalem, Jésus regardait les fidèles déposer de l’argent dans le tronc. Il observa que de nombreux riches y mettaient de grosses sommes d’argent. Une pauvre veuve arriva et y déposa deux petites pièces de cuivre. Jésus appela alors ses disciples pour attirer leur attention sur la femme et dit : « Vraiment, je vous l’assure, cette pauvre veuve a donné bien plus que tous ceux qui ont mis de l’argent dans le tronc. »[6] Tout le monde comprenait qu’Il la montrait en exemple d’abnégation. Il a peut-être aussi voulu mettre en évidence quel doit être le rapport d’un disciple aux biens matériels.

 

Les quatre évangiles parlent d’un groupe de femmes qui suivirent Jésus en Galilée, puis à Jérusalem, et qui étaient présentes à sa crucifixion.

 

« Jésus se rendit dans les villes et les villages pour y proclamer et annoncer la Bonne Nouvelle du royaume de Dieu. Il était accompagné des Douze et de quelques femmes qu’il avait délivrées de mauvais esprits et guéries de diverses maladies : Marie, appelée Marie de Magdala, dont il avait chassé sept démons, Jeanne, la femme de Chuza, administrateur d’Hérode, Suzanne et plusieurs autres. Elles assistaient Jésus et ses disciples de leurs biens. »[7]

 

L’Évangile de Marc identifie des femmes qui étaient présentes à la crucifixion de Jésus en disant : « Quand il était en Galilée, c’étaient elles qui l’avaient suivi en étant à son service. »[8] Le mot grec traduit ici et 75 autres fois dans les évangiles par suivi signifie le plus souvent « suivre en tant que disciple ». Pour une femme juive, quitter la maison et voyager avec un rabbin (maître religieux) était totalement inédit. Le fait que des femmes, certaines respectables, d’autres moins, voyageaient avec Jésus et ses disciples masculins était scandaleux, comme beaucoup des choses que Jésus a dites et faites. Toutefois, en dépit du scandale, ces femmes suivaient Jésus en tant que disciples.

 

Comme nous l’avons vu plus haut, Marie Madeleine est généralement citée en premier lorsque les femmes qui suivaient Jésus sont mentionnées nommément. Il semble donc qu’elle ait tenu une place importante parmi les femmes qui suivaient et servaient Jésus, depuis le début de son ministère en Galilée jusqu’à sa mort et après. Jeanne était une femme influente et aisée, mariée à l’intendant du roi Hérode. On ne sait rien de Suzanne.

 

Il est intéressant de noter que ce ne sont pas les douze apôtres qui furent témoins de la mort de Jésus (il semble qu’un seul d’entre eux ait été présent), mais des femmes amies/disciples de Jésus. Les quatre évangiles attestent que les femmes étaient présentes.[9] L’Évangile de Jean est le seul qui mentionne la présence d’un homme, et c’est lié à la présence d’une femme. « En voyant sa mère et, à côté d’elle, le disciple qu’il aimait, Jésus dit à sa mère : —Voici ton fils. Puis il dit au disciple : —Voici ta mère! »[10]

 

Dans l’Évangile de Marc, le statut de disciple des femmes qui étaient présentes à la crucifixion est attesté de trois façons : elles le suivaient lorsqu’Il était en Galilée, ce qui indique qu’elles avaient été ses disciples pendant la plus grande partie de son ministère ; elles Le servaient et L’assistaient ; et par leur présence à la crucifixion et à son tombeau, elles furent témoins des événements les plus importants de la vie de Jésus—à savoir, sa mort et sa résurrection. En les présentant clairement comme des disciples, Marc montre que ces femmes faisaient partie des témoins fiables de la mort et de la résurrection de Jésus.

 

Les quatre évangiles rapportent que certaines des femmes disciples de Jésus furent les premières à se rendre au tombeau vide et les premières à apprendre que Jésus était ressuscité. Dans trois des quatre récits de la résurrection, Jésus apparait d’abord à des femmes.[11]

 

Tous les premiers disciples furent témoins de la résurrection de Jésus lorsqu’ils Le virent en vie après sa crucifixion, mais ce sont des femmes qui furent les premières à Le voir. Le fait même que les auteurs des Évangiles aient rapporté que les femmes furent les premières à découvrir le tombeau vide est souvent cité comme un argument de taille pour valider la véracité du récit de l’Évangile. Quand on sait qu’au premier siècle, les femmes n’étaient généralement pas considérées comme des témoins fiables, les auteurs de l’Évangile n’auraient certainement pas attiré l’attention sur les femmes comme témoins si leur témoignage n’avait pas été vrai.

 

Les rapports de Jésus avec les femmes, le fait qu’Il les acceptait comme disciples, la place qu’Il leur a réservée en tant qu’exemples positifs dans son enseignement et le fait qu’elles furent des témoins fidèles ont ouvert la voie à une participation des femmes dans le ministère de l’église primitive sur un pied d’égalité avec les hommes, ce qui, au premier siècle, constituait un changement radical. Ce concept fut bien compris par les premiers disciples de Jésus, et fut promu et appliqué dans l’église primitive. À partir de la Pentecôte, les femmes jouèrent un rôle important au sein de l’église, comme en témoignent le livre des Actes des Apôtres et les Épîtres.

 

Première publication : mai 2016. Adapté et réédité le 8 juin 2020. Traduit de l’original par Bruno Corticelli.
Lu par Marcel Minéo. Musique de Jonathan Helper

 



[1] Luc 15.4–7.

[2] Matthieu 13.31–32.

[3] Matthieu 13.33.

[4] Matthieu 25.1–13.

[5] Matthieu 25.6.

[6] Marc 12.43.

[7] Luc 8.1–3.

[8] Marc 15.41.

[9] Cf. Marc 15.40–41; Matthieu 27.55–56; Luc 23.49; Jean 19.25.

[10] Jean 19.26–27.

[11] Cf. Matthieu 28.5–9; Marc 16.9; Jean 20.14, 16.