tfionline Sign in

avril 26, 2017

La nature immuable de Dieu

 [The Unchangeable Nature of God]

 Par Peter Amsterdam

 L’immuabilité de Dieu—son invariabilité ou sa constance—fait partie intégrante de sa nature divine. Cela veut dire que Dieu ne change pas d’essence, et que ses perfections, ses desseins et ses promesses sont immuables. Il ne change ni de nature ni de caractère.

L'univers et tout ce qu’il contient change. On observe des transitions, du mouvement d’un état au suivant. Par exemple, les gens vieillissent ; ils changent au fur et à mesure qu’ils prennent de l’âge. Ils grandissent ou rapetissent physiquement, de même qu’intellectuellement et émotionnellement. Les gens peuvent aussi changer moralement : une mauvaise personne peut devenir bonne, et vice versa. Quelqu’un va étudier et pratiquer un talent, et ce faisant, il apprendra et deviendra un expert dans son domaine d’étude. Tous ces exemples de changements font partie intégrante de la vie au sein même de la création.

Toutefois, Dieu transcende sa création. Il ne change pas. Car si c’était le cas, Il deviendrait meilleur ou pire. Ou bien Il progresserait en intelligence et en connaissance ou bien Il régresserait. Il deviendrait plus aimant ou moins aimant, plus saint ou moins saint. Mais étant Dieu, Il est infini dans tous ces domaines. Par conséquent, Il ne s’améliore pas ni ne se détériore en aucune de ces choses. S’Il le faisait, Il ne serait pas Dieu.

Toute la création est « en devenir ». Elle est en train de devenir différente de ce qu’elle est en ce moment. Par contre, Dieu « est » point final ! Il est. Toujours. Il ne change pas.[1]

Le caractère de Dieu ne change pas, pas plus que ses attributs ou ses perfections. Il est toujours bon, aimant, juste, équitable, omniscient, omnipotent, etc. Il n’y a jamais de variation dans ces attributs. Il est constant.

Si le caractère de Dieu variait, dans ce cas, nous ne pourrions jamais savoir avec certitude si le Dieu que nous connaissons pour être bon et aimant resterait ainsi. Si Dieu était sujet au changement, alors, à un certain moment, Il pourrait penser que le péché n’est pas une si mauvaise chose après tout ; Il pourrait même dégénérer au point de commencer à commettre Lui-même des actes mauvais, et finir par devenir un être tout-puissant malfaisant. Mais son caractère et ses attributs ne changent pas et ne peuvent pas changer. Ils sont constants ; il n’y a aucune variation.

Dieu ne change pas, que ce soit dans son dessein, sa volonté ou son plan. Une fois qu’Il a décidé qu’Il va effectuer quelque chose, Il le fait. Il avait déterminé son plan pour le salut avant même la fondation du monde, et Il l’a exécuté comme promis. Les prophéties, les prédictions et les jugements de l’Ancien Testament ont été accomplis. Son plan du salut pour l’humanité par Jésus, le retour de Jésus, la vie éternelle pour les croyants, le jugement, le ciel, ne changent pas ; tout cela est fermement établi.[2]

S’agissant de sa Parole ou de ses promesses, Dieu ne change pas. S’Il cessait d’honorer ses promesses, s’Il agissait contrairement à sa Parole, alors on ne pourrait pas Lui faire confiance. La promesse du salut, de la vie éternelle, et sa disposition à répondre aux prières, seraient remises en question. Si Dieu pouvait changer, alors toute l’assise fondamentale de notre foi pourrait changer. Mais ses promesses et sa Parole sont éternelles et immuables. « Seigneur, ta parole subsistera toujours, elle a sa place éternelle dans le ciel. »[3]

 Dieu change-t-Il d’avis ?

Quand l’invariabilité de Dieu est présentée, la question qui revient souvent est celle de situations où il semble bien que Dieu ait changé d’avis, comme, par exemple, quand Dieu a ordonné à Jonas d’aller à Ninive pour annoncer que la ville serait détruite 40 jours plus tard.[4] On peut également citer la fois où Il a accordé quinze années de vie supplémentaires au roi Ezéchias malade, après lui avoir dit qu’il allait mourir.[5]

Lorsque nous examinons ces exemples où Dieu a apparemment changé d’avis, nous devons nous rappeler que Dieu est un être personnel qui est en relation avec l’humanité. Dans cette relation, Dieu réagit en fonction des choix et des décisions des hommes. Quand une personne est mauvaise, Dieu réprouve ses actes, mais si cette personne se repent et change, alors la relation de Dieu avec cette personne change. Son amour pour la personne ne change pas, mais Dieu réagit en fonction des choix de cette personne ou des autres. Dans le cas de Ninive, du fait de la méchanceté de ses habitants, Dieu avait décidé à juste titre de les détruire. Et Il dit à Jonas d’aller les avertir. Quand Jonas les avertit, les gens se repentirent et la réaction de Dieu fut de se montrer miséricordieux.

Dans le cas d’Ezéchias, Dieu décréta qu’il allait mourir, mais quand Ezéchias pria et Le supplia de l’épargner, Dieu exauça sa prière et le guérit.

Dans les deux cas, Dieu réagit avec amour et miséricorde à des changements effectifs et aux prières des personnes en question. Dans aucun de ces deux exemples, Dieu n’a changé son caractère ou sa nature, pas plus que son dessein ou son plan global. Dieu n’a pas changé, ce sont les gens qui ont changé, et Dieu a réagi conformément à sa nature divine.

Voici comment l’explique le théologien Wayne Grudem :

Ces exemples doivent être compris comme la véritable expression de l’attitude de Dieu ou de son intention au regard de la situation, telle qu’elle se présente à ce moment précis. Si la situation change, alors il va de soi que l’attitude de Dieu ou l’expression de son intention changeront aussi. Cela revient simplement à dire que Dieu réagit différemment en fonction de la situation. L’exemple de Jonas qui s’en va prêcher à Ninive en est une bonne illustration. Constatant la méchanceté de Ninive, Dieu envoie Jonas proclamer : « Dans quarante jours, Ninive sera détruite ! » La possibilité que Dieu retienne son jugement, si les habitants de Ninive venaient à se repentir, n’est pas mentionnée explicitement dans la proclamation de Jonas telle qu’elle a été consignée dans la Bible, mais elle est contenue implicitement dans l’avertissement : l’objet de la proclamation est d’inciter Ninive à la repentance. Dès lors que les gens se repentirent, la situation n’était plus la même, et Dieu a répondu différemment à la situation qui avait changée.[6]

Un autre facteur qu’il convient de garder à l’esprit c’est que, dans les scenarios précédents, la Bible décrit Dieu de façon anthropomorphique, comme dans l’histoire de Jonas où nous lisons que Dieu « se ravisa ». Ces récits sont mieux compris comme un langage descriptif dans la compréhension humaine.

            Sur la question du langage anthropomorphique, William Lane Craig dit :

Il est essentiel de comprendre à quel genre ou type littéraire appartiennent la plupart de ces histoires bibliques. La Bible est écrite sous la forme de narrations —ce sont des histoires sur Dieu racontées d’un point de vue humain. Par conséquent, le narrateur va raconter son histoire avec toute la vivacité et la couleur dont il est capable, pour donner plus de force à son récit. Et c’est pour cette raison que vous trouverez dans la Bible des histoires sur Dieu, racontées d’un point de vue humain, où non seulement Dieu n’a pas connaissance du futur, mais où Il n’est pas non plus au courant d’événements présents. Dieu vient annoncer à Abraham : « De graves accusations contre Sodome et Gomorrhe sont montées jusqu’à Moi : leur perversité est énorme. Je veux y descendre pour voir si leur conduite est vraiment conforme à ce que J’entends dire. Et si ce n’est pas le cas, Je le saurai. »[7] Ce passage réfuterait non seulement la préscience de Dieu mais également sa connaissance du présent. Et il y a d’autres passages où Dieu est décrit en des termes anthropomorphiques, comme possédant des narines, des yeux, des bras et toutes sortes de membres physiques, et même des ailes ; et s’il fallait prendre ces descriptions à la lettre, Dieu serait un monstre crachant du feu. Ce sont des anthropomorphismes. C’est un procédé littéraire qui fait partie de l’art du narrateur, et que l’on ne devrait pas lire comme s’il s’agissait d’un texte philosophique ou d’un traité de théologie systématique.[8]

Dans aucune de ces situations Dieu n’a changé sa nature, son caractère, son dessein ou ses promesses. En fait, Il est resté constant dans chacune d’elles, en étant juste, aimant, droit et personnel, et Il a agi dans le cadre de son dessein global.

L’immuabilité de Dieu—sa constance, son invariabilité—est un élément fondamental de notre foi en Lui. S’Il était inconstant, si sa nature ou son caractère était changeant, s’Il pouvait s’améliorer ou se détériorer, nous ne pourrions pas nous fier à Lui. Nous ne pourrions pas nous fier à sa Parole ou à ses promesses.

Mais Dieu ne change pas, que ce soit dans son essence, sa nature, son caractère, ses desseins, ses promesses ou dans son plan. Nous pouvons compter sur Lui car Il est fidèle et véritable. Il est le rocher sur Lequel nous pouvons bâtir notre vie, Celui à qui nous pouvons faire confiance dans ce monde en constante mutation, parce qu’Il est le Dieu immuable.

Première publication: mai 2012. Adapté et réédité le 24 avril 2017. Traduit de l’anglais par Bruno et Françoise Corticelli.



[1] Malachie 3.6; Jacques 1.17.

[2] Ephésiens 1.11.

[3] Psaume 119.89 BFC.

[4] Cf. Jonas 3.3–10.

[5] Esaïe 38.1–5.

[6] Wayne Grudem, Systematic Theology, An Introduction to Biblical Doctrine [Théologie systématique: une introduction à la doctrine biblique] (Grand Rapids: InterVarsity Press, 2000), 165.

[7] Genèse 18.20–33.

[8] Extraits de la transcription d’une interview « Dieu peut-Il changer? » pour le magazine “Closer to Truth” [Plus près de la Vérité] de PBS.