tfionline Sign in

janvier 12, 2017

Ce que la foi sait

  [What Faith Knows]

Par Maria Fontaine

Peu importe que la situation paraisse désespérée, inextricable ou épouvantable, lorsque vous venez d’essuyer un revers majeur ou que vous êtes dans une situation où votre vie est en danger ; le fait que vous continuez à faire confiance à Jésus et que vous refusez de renoncer à votre confiance inébranlable prouve que vous avez beaucoup de foi. C’est votre foi qui plaît à Dieu.

Quand on parle de la foi, il n’est pas question de vous et d’obtenir ce qui vous parait être le mieux ; il s’agit de Jésus et de ce qu’il estime être le mieux pour vous et les autres.

La foi c’est la ferme assurance des choses qu’on espère. On n’espère pas avoir quelque chose qu’on possède déjà. Avoir la foi, c’est être absolument certain des réalités qu’on ne voit pas. On n’a pas besoin de preuves qu’une chose est réelle quand on peut la voir de ses propres yeux.

Quand je pense à certains des hommes et des femmes qui ont invoqué des miracles dans la Bible : à première vue, ils donnaient l’impression d’être pleins d’assurance et absolument certains de ce qu’ils allaient faire. Comparé à quelqu’un qui a une foi en apparence inébranlable, on peut se trouver un peu pusillanime et trouver que notre foi n’est pas très solide.

C’est parce que nous voyons ces miracles de la Bible avec du recul. Mais essayez un peu de vous mettre à leur place. 

Imaginez à quel point la situation devait leur paraître impossible sur le moment, vu qu’ils ne pouvaient pas en connaître le dénouement. De leur point de vue, ils devaient sans doute se sentir exactement comme vous aujourd’hui, quand vous êtes confrontés à une situation impossible. Cela peut être encourageant de voir d’un peu plus près les circonstances dans lesquelles ils se trouvaient et les obstacles qu’ils voyaient se dresser devant eux.

Prenez, par exemple, les trois Hébreux qui allaient être jetés dans la fournaise ardente pour avoir refusé de se prosterner devant la statue d’or que Nabuchodonosor avait fait dresser, et de l’adorer. On pourrait penser qu’ils affichaient une belle confiance face au maître de l’empire mondial, assurés que rien ne pouvait leur arriver dans cette fournaise. Mais se pourrait-il qu’ils étaient aussi tenaillés par la peur et incertains de ce qui allait se passer ?

Il est vrai que leur ami Daniel avait beaucoup de pouvoir et d’influence, et qu’il aurait pu prendre leur défense et les arracher à leur funeste destin, mais il se trouve qu’au même moment il voyageait dans une autre partie de l’empire. Shadrak, Méshak et Abed-Négo étaient bien seuls pour défendre leurs convictions ; ils étaient là, ligotés et forcés de se prosterner devant un roi qui se prenait pour Dieu, entourés de ses conseillers jaloux qui voyaient la présence de ces Hébreux à la cour comme une menace directe à leur pouvoir. D’ailleurs ces conseillers en colère s’étaient probablement employés à mettre de l’huile sur le feu pour attiser la colère du roi contre nos trois Hébreux.

Derrière la déclaration pleine d’audace de Shadrak, Méshak and Abed-Négo proclamant haut et fort leur confiance en Dieu quoi qu’il advienne, c’étaient des êtres humains sujets aux mêmes craintes que n’importe lequel d’entre nous éprouverait si un sort aussi douloureux et effroyable lui était réservé. Imaginez un peu les tourments qu’ils ont dû éprouver à la perspective de se retrouver dans cette fournaise ardente, sans avoir d’autre choix que de se prosterner devant la statue ou d’être jetés aux flammes.

La foi, ce n’est pas l’absence de peur ; la foi, c’est ce qui conquiert la peur. J’imagine qu’ils étaient terrifiés à l’idée de ce qui allait leur arriver mais qu’ils savaient exactement ce qu’ils avaient à faire. Leur foi n’était, semble-t-il, pas fondée sur l’idée que leur corps serait insensible aux effets du feu et de la chaleur. En tout cas, ce n’est pas ce qu’indiquent leurs réactions rapportées dans le récit biblique.

Voici ce qu’ils dirent : « Si le Dieu que nous servons peut nous délivrer de la fournaise où brûle un feu ardent, ainsi que de tes mains, ô roi, qu’Il nous délivre ! Mais même s’Il ne le fait pas, sache bien, ô roi, que nous n’adorerons pas tes dieux et que nous ne nous prosternerons pas devant la statue d’or que tu as fait ériger. »[1]

Ils ne savaient pas ce qui allait se passer, mais ils avaient la foi que Dieu contrôlait parfaitement la situation. Leur foi reposait sur l’assurance que, quoi qu’il advienne, Dieu avait un plan, et ils Lui faisaient confiance pour les protéger et s’occuper d’eux comme Il l’entendait. Ils n’ont pas posé de conditions en se basant sur ce qui leur paraissait être le plus avantageux pour eux. Ils n’ont pas prétendu devant le roi que leur corps ne pouvait pas brûler. Ils savaient que Dieu pouvait faire tout ce qu’Il voulait, mais ils ne fondaient pas leur foi sur l’espoir que Dieu les protégerait obligatoirement des flammes de la fournaise.

Ils avaient foi dans l’amour et la puissance de Dieu, pas dans l’issue qu’ils considéraient comme la plus favorable. Essayez de vous mettre à la place de gens qui ont été confrontés à une impossibilité de ce genre. A quoi penseriez-vous ? De quoi auriez-vous peur?

Même si vous savez que Dieu finira par tout arranger dans l’au-delà, il reste que cela n’atténue en rien l’angoisse liée à la perspective bien réelle d’avoir à subir une expérience très douloureuse ou de mourir de mort violente. A ce moment précis, vous n’êtes pas à l’abri dans l’au-delà, mais vous avez les deux pieds bien ancrés dans la réalité présente.

Prenez l’exemple de Moïse. Il était là, sur le rivage de la Mer Rouge, confronté à l’extinction quasi certaine du peuple hébreu et de lui-même. Derrière lui, bloquée temporairement par une colonne de feu de jour comme de nuit, se trouvait une armée composée de soldats qui, non seulement avait souffert terriblement des plaies par sa faute, mais qui avaient aussi perdu des parents, des enfants ou des êtres chers à cause de l’ultime plaie.

Ces soldats ne faisaient pas qu’obéir aux ordres du pharaon. J’imagine qu’ils voulaient se venger et qu’ils avaient l’intention de faire souffrir de la pire façon ces esclaves en fuite, pour leur faire payer ce que leur Dieu avait fait subir au peuple égyptien. Je suis certaine que Moïse et les enfants d’Israël en avaient pleinement conscience.

Imaginez un peu la peur qui devait tenailler Moïse et ceux qui étaient avec lui. Ils ont dû avoir l’impression que leur Dieu les avait acculés dans une situation où ils n’avaient aucune issue de secours. Imaginez un peu les doutes qui ont dû assaillir Moïse. Certes, ils avaient réussi à semer les Egyptiens pendant un moment, mais il est probable qu’il était terrifié à la pensée qu’il s’était trompé quelque part et que, selon toute vraisemblance, les hommes, les femmes et les enfants qui l’avaient suivi allaient se faire massacrer.

Pour moi, il ne fait aucun doute que Moïse cherchait désespérément à recevoir le conseil de Dieu ; cela dit, même une fois que Dieu lui dit quoi faire, cela a dû lui paraître impossible. Qui avait entendu parler de la mer se séparant pour permettre à des gens de la traverser en son milieu ? Moïse a bien été obligé de suivre les instructions de Dieu, étape par étape, et de Lui faire confiance pour les sortir de là d’une manière ou d’une autre.  

Lorsque la mer s’est séparée en deux et que les gens ont commencé à courir sur le lit de la mer qui était à sec, j’imagine que cela a dû être terrifiant – une multitude de gens se précipitant sur ce chemin de fortune entre deux murailles d’eau s’élevant de plus en plus haut des deux côtés. 

Si l’envie vous avait pris de vous échapper, où auriez-vous pu aller? Derrière vous, vous pouviez voir au loin la silhouette noire de cette armée menaçante qui commençait à s’ébranler pour vous suivre dans le même fond marin par lequel vous tentiez de vous échapper. Combien de temps s’écoulerait-il avant qu’ils ne vous rattrapent ?

Moïse n’avait d’autre choix que de faire confiance à Dieu, même si, à première vue, c’était mal parti ; même si cela paraissait impossible qu’ils puissent s’en sortir sains et saufs, advienne que pourra, ils étaient entre les mains de Dieu.

Jésus, l’exemple ultime de confiance en son Père, jusque dans la mort, a fait face à ses peurs. La Bible nous dit qu’Il était tellement tourmenté, dans le Jardin de Gethsémané qu’Il suait des gouttes de sang ! La foi, ce n’est pas l’absence de peur, c’est le triomphe de la vérité sur la peur. Si l’on veut vaincre la peur, il faut l’affronter.

C’est effrayant de se trouver dans une situation désagréable où l’on ne voit aucune issue possible pour se sortir du dilemme. C’est dans ces moments-là que la foi, qui s’appuie sur Jésus plutôt que sur ce qui, à notre avis, devrait arriver, prend toute sa valeur. Vous devez continuer à croire et à faire confiance à Dieu, sans tenir compte des apparences, comme l’ont fait Shadrak et ses amis.

Comme Moïse, vous devez continuer à avancer sur la terre ferme de ce que Dieu vous a dit de faire, même si la situation paraît désespérée, voire catastrophique, sachant que Jésus vous tient dans ses bras.

Je ne sais pas ce que me réserve l’avenir, mais je connais Celui qui connait l’avenir.

Peut-être avez-vous peur de ce qui vous attend. Vous ne voyez pas ce que vous pourriez faire pour arranger la situation dans laquelle vous vous trouvez. Mais l’intervention de Dieu dans votre vie ne dépend pas de la confiance que vous avez en vous. Elle dépend de votre foi en Lui, et de votre confiance en son pouvoir illimité, en sa bonté et en son amour.

Avoir la foi ce n’est pas être obligé de croire que tout ce que souhaitez voir arriver va obligatoirement arriver. Vous devez simplement croire que Dieu s’arrangera pour produire le résultat le plus favorable possible, à sa manière et en temps voulu, et que si cela n’arrive pas dans cette vie, alors ce sera dans l’au-delà, parce que vous Lui faites confiance.

La foi sait ce qu’il est essentiel de savoir : Dieu ne vous laissera ni ne vous abandonnera jamais.  

Aucun de nous ne sait ce que l’avenir lui réserve. La plupart du temps, nous ne savons pas si les difficultés que nous endurons auront disparu ou seront résolues dans la minute qui suit ou le mois prochain, ou si elles dureront toute notre vie. Notre foi ne peut se fonder sur un dénouement qui nous parait logique. Ce que la foi sait, c’est que Jésus ne nous laissera jamais sans réconfort. Il va entrer avec nous dans la fournaise, comme Il l’a fait pour Shadrak, Méshak et Abed-Négo. Nous allons nous en sortir, que ce soit grâce à son aide surnaturelle ou bien en allant au ciel à la fin de notre vie ici-bas, mais dans un cas comme dans l’autre, nous ne pouvons pas perdre.

Ayez foi en Lui et attendez-vous au meilleur. Ça vaut la peine d’attendre.

Jésus aime que nous réagissions comme Pierre, quand nous voyons les vagues de l’adversité déferler sur nous. Pierre disait à Jésus: « Ordonne–moi de venir Te rejoindre sur l’eau. » Il était prêt à relever le défi en se jetant à l’eau parce qu’il avait vu la puissance de Dieu en Jésus, et il n’a pas hésité pas à remettre sa vie entre les mains de Celui qui ne l’abandonnerait jamais.

Quels sont les défis auxquels vous devez faire face ? Quelles sont les situations impossibles et les menaces qui se profilent dans votre vie ? Oserez-vous vous jeter à l’eau, pour aller à la rencontre de Jésus, afin que sa puissance puisse se manifester dans votre vie ? Faites ce pas de foi, et même si vous avez parfois l’impression de sombrer, il vous suffit de L’appeler à l’aide et Il vous mènera à bon port, au moment voulu et de la meilleure façon qui soit.

Première publication : juillet 2014. Réédité sur Anchor le 5 janvier 2017. Traduit de l’anglais par Bruno Corticelli.



[1] Daniel 3.17-18